YFU Switzerland

Aux Futurs Etudiants d’Echange en Afrique du Sud

*Si vous avez déjà l’Afrique du Sud comme destination en tant qu’étudiant d’échange YFU, vous pouvez passer la première partie gnangnan ou je vante les mérites de ce beau pays plein d’animaux tout jolis tout mignons.*

Note : je parle de mon expérience en tant qu’étudiant dans une famille Afrikaans. Si vous tombez dans une famille Zulu ou Swazi, vous aurez perdu votre temps à lire ceci. Les jeux de hasard…

Pourquoi partir en Afrique du Sud ?

Parce qu’il n’y avait plus de place pour un autre pays. C’est con, hein ?

Sérieusement.

En vrac, parce que les gens sont les plus ouverts au monde, l’univers dans lequel on arrive est complètement différent, on apprend une autre langue en plus de l’anglais et la culture est si variée qu’on ne peut même pas tout expérimenter en un an.

1. „les gens sont les plus ouverts au monde“

Oui, c’est subjectif, et alors ? De mon point de vue, les sud-africains sont vraiment ouverts d’esprits, ce qui joue un rôle déterminant dans l’adaptation et bon contre-nostalgie. Si dans la plupart des pays, votre famille d’accueil testée et approuvée par YFU se montrera fort sympathique, il en sera souvent très, très différent à l’école et autres activités. Pour donner un exemple simple, l’étudiante d’échange chez mes parents en Suisse peine à se faire une place dans mon école, qui compte quand même environ 800 élèves, y a quand même un moyen de se faire au moins un petit groupe de 5-6 amis ?! Eh bien non. Même histoire pour ma soeur sud-africaine actuellement en Italie. A croire que les ados européens sont de vrais constipés culturellement (une métaphore plutôt sympa, vous en conviendrez). Quant à moi, j’ai un tas d’amis cools comme tout et j’en suis presque content d’aller à l’école le matin. Pareil pour mon club de natation, j’y vais pas que pour faire des bubulles dans l’eau (ah ce club de natation, je devrais en faire un article une fois). Bref, les sud-africains, c’est le top pour s’intégrer.

2. „l’univers dans lequel on arrive est complètement différent“

Ah oui, il ne faut pas vous attendre à arriver en terrain connu. Niveau spatial, déjà, c’est bien différent. Même si ils ont aussi des montagnes, la vue reste cependant loin de notre paysage montagnard, hormis quelques jolis petits coins assez époustouflants, je dois dire. Faute de neige, vous aurez l’occasion de voir des animaux sauvages que vous ne verrez surement qu’une fois dans votre vie, comme par example de lions, des guépards, des girafes, bref, dépaysement total par rapport à la Suisse, qui ne se contente que de vaches et de chevaux-qui-font-caca-partout-on-ferait-mieux-de-les-bouffer (Avis aux amateurs de viande chevaline : laissez tomber l’Afrique du Sud). Vous pourrez aussi cueillir des bananes et des pastèques dans votre jardin, vous faire réveiller par des petits singes qui frappent à votre fenêtre, apprendre à tirer au fusil et bénéficier de la piscine plus-ou-moins grande que chaque foyer Afrikaans se doit de posséder.

De plus, vous pourrez également expérimenter quelques chocs culturels, qui arrivent plus bas 😉

3. „on apprend une autre langue en plus de l’anglais“

Je vais pas vous citer toutes les langues que l’on peut apprendre en plus de l’anglais en Afrique du Sud, mais en gros, 11 langues sont considérées comme officielles. Du coup, les chances d’atterrir dans une famille qui ne parle qu’anglais est minime. Donc comme vous avez pu le deviner, j’espère, je peux, après trois mois, m’exprimer correctement en Anglais et construire des phrases plus ou moins longues en Afrikaans. D’autres étudiants d’échange apprennent le XiTsonga ou le Sotho, par exemple.

4. „la culture est si variée qu’on ne peut même pas tout expérimenter en un an“

Si vous ne le saviez pas encore, l’Afrique du Sud est communément appelée la nation arc-en-ciel, par sa diversité culturelle, d’un point de vue musical, culinaire ou tout simplement un mode de vie. J’ai pu expérimenter la culture anglaise et afrikaans, évidemment, mais aussi indienne et noire (la culture noire regroupe tous les peuples, car, a peu de choses près, les racines culturelles restent les mêmes). Vous pouvez expérimenter un peu de culture afrikaans à travers ces délicieuses recettes (clique ici !) ou de la culture noire à travers sa musique (clique aussi ici !).


Quelques petits conseils et anti-chocs culturels !

Si maintenant vous êtes convaincus par la destination multiculturelle qu’est l’Afrique du Sud, laissez moi vous donner quelques petits tips pour vous éviter certains chocs.

1. Les parents battent régulièrement leurs enfants et…

Désolé de commencer avec le plus gros choc. Oui, effectivement, le parent se réserve le droit de punir son enfant à coups de batte de cricket. Je vous rassure, il ne lèvera normalement pas la main sur vous, et se cachera lorsqu’il bottera le cul de son gosse. Je ne vous cache pas que c’est assez choquant les premières fois, mais qu’on s’y habitue (même si ça reste horrible). Ah oui, puisqu’on est dans les relations parents-enfants, sachez que ceux-ci s’embrassent sur la bouche entre eux, mais qu’il est parfaitement irrespectueux de le faire avec son amoureux/euse. Oui, ça nous paraît bien bizarre. (Niveau de choc : 5*****)

2. La religion chrétienne est omniprésente dans la famille Afrikaans.

Au programme, vous aurez droit à la prière avant chaque repas, la lecture de la Bible le soir et l’Eglise le dimanche. Si vous êtes non-pratiquant comme moi, ça risque de faire un petit choc, tout de même. (Niveau de choc : 4****)

Un petit conseil pour les athées : sachez que si vous mentionnez votre athéisme dans votre dossier YFU, laissez tomber vos chances d’apprendre l’Afrikaans.

3. Oubliez les balades nocturnes.

L’Afrique du Sud reste un pays assez dangereux, surtout si vous habitez dans une ville. Il y a donc certaines règles à respecter ; si vos parents peuvent vous revoir vivant, ce serait pas mal, non ? Vous ne pouvez donc pas marcher seul, à cause de kidnappeurs se cachant dans les buissons, le jour comme la nuit. Dans mon cas, mes parents d’accueil me laissent pas mal de libertés, après, chaque famille d’accueil fait comme elle le veut, il n’y a pas de règles universelles à ça. (Niveau de choc : 3***)

4. Le système scolaire est différent.

Bon, ceci varie assez souvent, alors je vais plus vous faire part de mon expérience que d’un système universel. Le système scolaire sud-africain se divise en deux : Laerskool (école primaire) et Hoërskool (haute école, high school, tout ce que vous voulez). A part si vous avez 13 ans ou moins, j’en doute, vous allez tomber dans l‘Hoërskool. Les cours commencent à 7h20 et finissent à 13h20. Une journée est divisée en deux parties de 4 x 45 minutes, avec une pause de 30 minutes entre deux. Une classe est généralement composée de 30 à 35 élèves, ces derniers appellent leurs professeurs juffrou [yéfreou] (madame) et meneer [menir] (monsieur) TOUT LE TEMPS (!), ce qu’on ne fait pas forcément chez nous. Chaque semaine, une période est consacrée au Saal, 45 minutes ou parlent tour à tour le principal et ses adjoints, ainsi que les leaders (hoofseun et hoofmeisie) et les préfets. Le système scolaire propose également des activités sportives telles que le Rugby, l’athlétisme, le hockey sur gazon ou le Cricket. (Niveau de choc : 3***)

5. Ca ne vous coutera rien.

Pas vraiment un choc, je vous l’accorde. Plutôt une bonne nouvelle, même. 1 .- = 15 rands, actuellement. Voici donc une liste des prix des choses que vous pourrez vous procurer pour trois fois rien en Afrique du Sud (en CHF):

  • une canette de Coca = 50 centimes
  • 1L de Coca = 1.20 CHF
  • un paquet d’Oreos = 1.30 CHF
  • Un bucket KFC (21 pièces de poulet) = 15 CHF
  • Un repas chez Spur que vous payez à votre famille d’accueil (5 personnes) = 20-25 CHF
  • Un billet d’avion Johannesburg – Cape Town (+ cher) : 160 CHF
  • Un billet d’avion Johannesburg – Cape Town (- cher) : 48 CHF

Bref, vous l’aurez compris, l’Afrique du Sud, c’est pas cher.

Une dernière chose : lorsque vous vous adressez à un adulte, vous devez l’appeler oom [ouem] si c’est un homme et tannie si c’est une femme. Appelez-le/la par son prénom et vous aurez le choc #1 sur votre derrière. Pas le bisou. L’autre.


Vous pouvez m’envoyer un mail si vous avez plus de questions : maxime.guertler@gmail.com

Vous pouvez également consulter mon blog, voici un article qui pourrait vous intéresser dans la mesure où vous allez sûrement le remarquer dans votre expérience :

Voila, peut être qu’à l’heure où vous lirez ce post, vous serez en plein dans les derniers préparatifs de votre extraordinaire aventure, et que moi, je serai rentré en Suisse ; peut être qu’on se sera rencontrés durant un événement YFU, qui sait ? Dans tous les cas, je vous souhaite une année aussi exceptionnelle que celle que je vis en ce moment même, et on se revoit l’année prochaine 🙂

PS : Profitez !